Odile Van Bay, directrice de la galerie Médiart, Paris : « Jean-Jacques Lucan vit et travaille à Rethel, dans les Ardennes françaises. Il a une formation d’enseignant et parallèlement a toujours pratiqué la peinture. Il a suivi des cours aux Beaux Arts de Reims.
Il expose à la galerie Médiart depuis 1994. La série de toiles exposées s’inspire de ses promenades urbaines à travers Nantes, ville où il séjourne régulièrement au début du printemps.
Son œil observateur, n’est pas resté indifférent devant l’éclatement des couleurs, rouges et roses des fleurs des haies de camélias, jalonnant les rues et les jardins publics.
Au départ de la toile, le peintre traduit ses perceptions avec des motifs très figuratifs. Ils disparaîtront progressivement sous les couches de peinture acrylique, il n’en restera que quelques formes identifiables, comme l’encorbellement d’un store de magasin aux rayures vertes.
Le paysage urbain est un sujet transversal dans les thèmes où sont puisés les supports des dessins et des tableaux : la vie de tous les jours, le dessin tient alors lieu de mémoire. Les tableaux fixent les événements de la journée, racontent des histoires, traduisent des perceptions, des sensations, des pensées. » 


 Madeleine Barrois, journaliste : « …Les toiles de Jean-Jacques Lucan témoignent d’un besoin primitif de happer les parcelles du temps qui passe, d’y laisser son empreinte, comme l’ont fait, depuis l’aube du monde, les hommes avides de graver sur des rochers quelques lignes du testament de l’humanité. L’artiste n’a pas le temps de mesurer le temps. Il est trop occupé à lui courir après, à le défier jusqu’à le précéder, à lui arracher au passage des instants qu’il se hâte d’emprisonner sur sa toile. Une griffe, un signe, un repère : dérisoire victoire, déjà le temps s’enfuit et la course reprend jusqu’à la prochaine toile tendue comme un filet sur le chemin de l’insaisissable fugitif. Dans cette folle poursuite, le superflu est jeté au vent comme un lest inutile. Les plans, les surfaces cèdent la place au trait, léger, fugace, incisif pourtant, comme un message rapidement jeté sur un bloc, près du téléphone. Celui qui l’a écrit y retrouvera la trace du moment vécu avec son poids d‘émotion, tendre ou amère, de rêves, d’angoisses. A ceux qui le liront de le déchiffrer à travers leurs propres émotions…».


 Virginie Kiefer, journaliste : « Quelques nuages rouges, des taches bleues, beaucoup de blanc, et du beige, des lignes géométriques, et une composition qui accroche le regard, Jean-Jacques Lucan, ouvre le monde avec ses tableaux. Il semble détenir la clé, de ce que les yeux ne voient pas. Il lâche sur la toile ce qu’il appelle des « paquets de trucs », ce sont des informations, des signes, des taches de couleurs, avec des éléments fragmentés de manière libre avec tout ce qui l’entoure. « Pour travailler, je pense à une scène, un lieu, je place tous les personnages, les végétaux et après je retravaille dessus », explique le peintre rethélois. C’est pourquoi, le spectateur ne voit pas ces scènes mais découvre des tableaux abstraits, où rien d’autre ne transparaît que la beauté des couleurs, le jeu des fragments.
Il épure au maximum pour donner une unité au travail. L’organisation géométrique voulue par Jean-Jacques Lucan est reconnaissable entre toutes. »

 

 Christelle Lefebvre, journaliste :  «… Les toiles de la série Sentiers urbains ont été inspirées par les haies de camélias des jardins publics nantais. Jean-Jacques Lucan fixe des instants de vie, il les pose, les superpose, les écrit, les peint, les graphe, les recouvre. Du propos de départ, il ne garde que les lignes essentielles. Seules la profondeur et l’authenticité subsistent, se renforcent… ».   


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